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Le développement du pouvoir d’agir

Les travaux du groupe s’appuient largement sur l’approche dite DPA (développement du pouvoir d’agir) de Yann le Bossé. Yann Le Bossé affirme que cette approche est un outil puissant, qui peut changer le monde. La question est celle de la transformation sociale.

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On part du principe que si on arrive à se changer soi, à changer ce qui se vit avec les habitants, c’est une manière de changer le monde. La question clé, c’est dire qu’avec le DPA, on accompagne,  fondamentalement :
on va prendre comme principe qu’on ne va pas faire à la place des gens mais qu’’on va accompagner des gens dans leur pouvoir d’agir. Et c’est la volonté de transformation sociale qui va nous guider. L’autonomie de l’enfant et de la participation ne peut être inscrite dans une démarche DPA, que dans la mesure où elle s’inscrit dans le cadre d’une transformation sociale.

On entend par exemple dire « Les jeunes, on ne peut plus rien leur dire ; qu’ils sont toujours derrière l’écran ». On voit une forme d’individualisme et de repli, avec moins de transmission entre les générations. Souvent dans un centre social, on accompagne cette scission, voire même on l’accentue : programmation et segmentation des âges, des secteurs. On peut changer d’échelle et regarder de très haut : quel est mon impact, par-delà le centre
social ? Quel impact dans la famille ? Quel impact dans un territoire, un quartier, un village ? Quel impact dans la vie publique, citoyenne ? Si on ne se pose pas ces questions, on n’est pas dans la transformation sociale, on est dans l’autonomie de l’enfant, dans l’éducation, voire l’émancipation.

On peut d’ailleurs se poser la question pour nous-mêmes : Qu’est-ce qui a été le ressors de mes engagements, dans ma vie personnelle ou professionnelle ? Il est souvent nécessaire de le percevoir pour soi et décrypter le pourquoi on s’implique…On est ici dans la motivation et les enjeux personnels : cette clé, nous en avons besoin. Il s’agit souvent d’un plaisir ou d’un dérangement, qu’il s’agit de régler. C’est souvent la résolution d’un problème qui va être mobilisatrice. Comment, à travers des échanges, à travers des observations, on va chercher les enjeux chez les habitants, chez les enfants ? Et la clé c’est d’accompagner et non de faire à la place d’une personne ou d’un groupe, d’accompagner la résolution. Quand quelqu’un à un problème, on postule que d’autres ont également ce problème ou partagent les préoccupations, les vues de cette personne. Il s’agit alors de les trouver, de les agréger.

Permettre et favoriser l’expression, isoler les facteurs de mobilisations, les enjeux et élaborer avec les gens, problématiser (ce qui permet de voir quel est véritablement le problème, derrière le problème apparent) et chercher – ici et maintenant – des actes à poser, vers la résolution du problème, ne serait-ce qu’un petit pas.

Il s’agit de considérer aussi les acteurs et ses enjeux. Par exemple : « On ne peut pas travailler avec la CAF ». On peut cependant aller voir Jean-Paul, qui travaille à la CAF, dont on ne connait pas les conditions de travail. Si on prend le temps de le rencontrer, peut-être trouverons-nous une ouverture, une option pour finalement faire quelque chose…

Quand on a abouti, ne serait-ce qu’après un premier pas, il est nécessaire de célébrer, de manière à mesurer le chemin parcouru, produit par les principaux concernés : il y a prise de conscience des capacités de résolution de l’individu ou du groupe par lui-même. Cette étape de conscientisation est nécessaire et vient valider le processus du DPA : il faut que les gens prennent conscience par eux-mêmes de leur chemin, pour venir valider la
capacité qui devient alors opérante, acquise.

Les deux étapes délicates sont celles de la collectivisation du problème et celle de la conscientisation.
En revanche, quand on pratique le DPA, c’est finalement plus simple d’accompagner les enfants et les gens à vivre ce qu’ils « ont à vivre » plutôt que transmettre ce que l’on sait, ce que l’on croit, ce qui est la position habituelle.

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